C'était un cheval un peu craintif, il préférait que je n'approche pas ma main pour le caresser. Je me tenais un peu en retrait, je prenais des photos, je revenais près de lui régulièrement en lui parlant doucement. Puis il a ressenti les ondes d'amour que je lui envoyais. Son regard et son attitude se sont adoucis. Il a penché la tête et s'est approché de moi en signe de confiance et j'ai ressenti ses ondes d'amour.
Je lui ai caressé le front, puis je me suis reculée un peu pour prendre une photo de lui. Il s'est rapproché. Après une petite séance de caresses, je me suis reculée à nouveau pour photographier et il semblait comprendre tout ce que je lui disais. Il s'est lui-même placé de manière à pouvoir me regarder (et me donner une meilleure prise de vue sur son oeil) en dépit de ses oeillères.
J'aurais aimé le libérer de son attelage, le brosser, aller courir avec lui dans un champ... Sa tête tout près de la mienne, je l'ai caressé une dernière fois avant de partir, en lui expliquant qu'il ne pouvait pas venir avec moi.
Ce fut un échange bref, mais intense que je n'oublierai pas. Les animaux ont cette capacité que les humains ont trop perdu. Celle de suivre leur instinct et de donner un amour inconditionnel, pur et vrai à ceux en qui ils savent, par instinct, qu'ils peuvent faire confiance. Les rencontres qui en résultent sont très enrichissantes pour les humains analytiques que nous sommes.
À noter que j'aurais pu retoucher les photos pour supprimer la cicatrice qu'il avait près de l'oeil, mais j'ai préféré n'en rien faire, cela faisait partie de lui.
Janique Robitaille
photographe, graphiste
Gatineau, Outaouais

















